Alain Fleischer

Sujet photographique

31 mai 2015 - 27 juin 2015

Artiste(s)

« La littérature, le cinéma, tournent autour de moi, et ce mouvement peu à peu entraîne mon imagination sans que je sache encore vers où. La photographie, elle, me saisit d’un coup, comme d’une certitude, d’une évidence. C’est sa façon d’être pour moi un instantané. A partir de là, quel que soit le processus pour aboutir à l’image – et celui-ci pouvant être long, complexe –, je ne doute plus que vient de se constituer dans ma tête un « objet photographique », quelque chose que je ne peux obtenir que par la photographie, que je vais rendre visible et ainsi rendre à la photographie comme lui appartenant en propre depuis toujours. »

“Recadrer ainsi un film, le refilmer à la place du spectateur, ce n’est pas regarder une image de plus près, c’est prendre le risque de s’aventurer dans un tout autre récit, et finalement dans un autre monde. Les récits cinématographiques issus d’un tel refilmage, d’un tel recadrage, sont en nombre infini, et le détail poursuivi, cerné, recadré, prélevé peut devenir aussi bien un puissant révélateur qu’un leurre qui vous entraîne à sa suite, et puis finit par vous laisser en rade, car son destin est lié à la mobilité ingrate de l’image et à cette discontinuité nécessaire qui veut qu’au cinéma, pour que le film continue, il faut bien que chaque plan s’achève. L’espace, la topographie, la géographie de l’image sont emportés par son histoire : recadrer l’image revient à reconstruire le temps. Ce recadrage et cette reconstruction produisent chaque fois, à partir d’une géographie différemment explorée, une nouvelle histoire.”

Alain Fleischer, Y voir mieux, Y regarder de plus près – Autour d’Hubert Damisch, sous la direction de Danièle Cohn, Aesthetica, Paris, Editions Rue d’Ulm, 2003

 

Plafond du Hall d’accueil de l’Hôtel de Ville de Montpellier

“A la suite d’une invitation de Jean Nouvel, j’ai imaginé une photographie rassemblant dans une représentation tridimensionnelle, quelque 700 documents en provenance des archives municipales, lesquelles sur plus de cinq siècles, depuis les parchemins manuscrits à la plume d’oie, jusqu’à l’impression informatique, parcourent toute l’histoire de la ville, depuis son appartenance à la Couronne d’Aragon jusqu’à aujourd’hui, avec l’arrivée de diverses communautés. Cette proposition était basée sur le fait que les archives d’une ville gardent la trace des divers aspects de la vie de ses habitants… Dans ce plafond de proportions exceptionnelles (peut-être la plus grande photographie du monde), il s’est agi de mettre en scène l’écriture dans l’espace et dans le temps. Le support de l’oeuvre est une impression numérique sur une toile faite de lais de sept mètres de large, assemblés les uns aux autres… J’ai tenu à ce qu’existe sous la forme d’une oeuvre photographique, la maquette originale du projet, dans toute son extension, c’est-à-dire sans le resserrement choisi pour l’installation dans le bâtiment. Cette photographie devient donc la seule image du projet avant son recadrage, à la fois conforme au plafond installé, et plus vaste que lui dans sa périphérie. Il est important de souligner que cette oeuvre redevient dans ce tirage une photographie d’artiste sur le support du papier argentine traditionnel.”

Alain Fleischer

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    Alain Fleischer, Hitchcock recadré, 2000

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    Alain Fleischer, Plis et replis (Photogramme), 1996

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    Alain Fleischer, Plis et replis (Photogramme), 1996

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    Alain Fleischer, Maquette du plafond de l'Hôtel de Ville de Montpellier, 2011